Les travaux d'aménagement et d'entretien sur les cours d'eau

Cousin (89) totalité du cours d'eau

Serein à Sauvigny le beuréal (89)

Serein à Massangis (89)

Serein à Noyers (89)

le lac de Chamboux (21)

Cure à Chatellux (89) zone protégée

   

 

Le Serein
communes de Dissangis et Massangis (89)

Travaux sur le Serein à Dissangis et Massangis (89)
par le syndicat intercommunal de la vallée du Serein (89)

 

avant travaux

avant travaux

après travaux

après travaux

Voici 4 photos :

-2 représentatives de l'état initial des milieux aquatiques des communes de  Dissangis et Massangis (89), avant toute intervention d'entretien
-2 après travaux, permettant de constater l'état de la végétation par rapport à l'état initial de la rivière,  et les conséquences directes ou indirectes sur l'écosystème aquatique.

Dans le cadre de ce dossier, soumis à enquête publique, Eau & Rivière de Bourgogne a fait part de ses remarques constructives, pour opérer une sélectivité des interventions d'entretien, après analyse de l'étude d'incidence et plus particulièrement les préconisations de travaux. Il était indiqué au dossier que l'élagage de la végétation ne devait pas dépasser 10% et seuls les embâcles (bouchon occasionnés par l'amoncellement de bois morts et autres matériaux) devaient être enlevés.

Le préfet de l'Yonne a déclaré ce projet d'entretien de rivières d'intérêt général, et l'a autorisé, sans indiquer les, règles techniques particulière à respecter....considérant seulement qu'il devait intervenir conformément aux indications du dossier. Pourtant, le Schéma Directeur d'Aménagement et de la Gestion des Eaux (SDAGE) Seine-Normandie indique clairement que toute opération tendant à accélérer l'écoulement des eaux et/ou détruire des espaces naturels en tête de bassin est à proscrire.

Ces travaux ont été accompli durant l'été 2004 par le syndicat intercommunal   de la vallée su Serein sous maîtrise d'oeuvre du bureau d'étude SESAER

Dans le cadre de la contestation  de l'arrêté préfectoral autorisant les travaux devant le tribunal administratif de Dijon, nous avons eu la surprise de constater que le dossier de la procédure comprenait une pièce  -non versée au dossier d'enquête publique- selon laquelle l'IER (institut pour l'entretien des Rivières)  proposait l'ablation de la végétation rivulaire (jusqu'à 100%   d'élagage),  et l'enlèvement de tous les bois morts y compris les brindilles et la végétation basse. En contraction avec les autres engagements du dossier d'enquête publique. Le tribunal a rejeté notre requête. L'environnement, la protection des ressources naturelles, la lutte contre la sécheresse et contre les inondations ne serait-ce qu'en retenant l'eau le plus possible à l'amont au lieu de l'évacuer par tous les moyens, ne concernent pas les juges. Notre région est sacrifiée pour favoriser l'arrivée de l'eau en Ile de France. Un commentaire à ce sujet va être réaliser prochainement.

Pour en revenir sur le secteur concerné, il est à craindre que les espèces piscicoles diminuent de près de 70% dans les 3 ans puisqu'il n'y a plus rien pour les protéger des prédateurs (dont l'homme) et de la force du courant en période de crue. Voir les conséquences annoncées par voie de presse

Un travail à l'aide d'une pelleteuse ne relève certainement pas d'un travail écologique sérieux. Qui plus est, lorsque l'étude de faisabilité et d'impact est réalisée après la réalisation des travaux......C'est vrai que l'argent public n'a pas d'odeur et ne sort pas de la poche de ces Messieurs. On casse on paie avec l'argent des autres et on réfléchi après.

Le rapport du CSP pdf  (Conseil Supérieur de la Pêche) relatif à cette opération évoque en termes à peine succincts les conséquences de telles interventions.

Eau & Rivières de Bourgogne, avant que sa demande en suspension de l'arrêté préfectoral autorisant les travaux ait été rejetée pour défaut d'urgence par le tribunal administratif de Dijon, avait provoqué une réunion de chantier avec le CSP, l'agence de l'eau Seine-Normandie, la fédération départementale de pêche, le syndicat intercommunal de la vallée du Serein....qui a tout juste freiné l'opération d'entretien engagée sur le terrain.

Pour l'AESN, qui finance largement ce type d'opération avec l'argent des contribuables de l'eau, précise que "la nature reprendre ses droits" (voir son courrier). Mais alors, à quoi bon engager cette dépense publique ...inconsidérée ? Sauf à ce que cet entretien se renouvelle tous les 5 à 6 ans, ce qui semble être prévu par les opérateurs ...au risque de pérenniser dans le temps l'altération des écosystèmes comme le gaspillage des deniers publics.

Un article de presse paru dans l'Yonne républicaine fait état d'un empoissonnement satisfaisant à la suite d'une pêche électrique organisée sur la commune de Massangis,  à un endroit où la rivière n'a pas fait l'objet d'une quelconque intervention . Il est probable que les travaux réalisés en amont de Massangis avant cette pêche électrique aient engendré un déplacement du cheptel piscicole vers l'aval. Il n'est donc pas étonnant de trouver des poissons en grand nombre sur Massangis. Par contre, il est dommage qu'il n'y ait eu aucune pêche électrique sur les lieux des travaux, avant démarrage des travaux d'entretien comme après leur réalisation...obligation technique que la DDAF de l'Yonne aurait pu prévoir dans son autorisation administrative à titre d'autocontrôle de la non dégradation des milieux aquatiques. Auraient-ils peur que les résultats démontrent que nous ayons raison.
Dans cet article M Bonnet précise qu'il reste encore une tranche reste entre Molay et Ligny. Or le projet de nouvelle loi sur l'eau prévoit que pour les travaux segmentés sur un bassin versant qu'il y aura lieu désormais de mettre à l'enquête publique  tous les travaux segmentés prévu sur le bassin assortie d'une une étude d'impact globale sur les conséquences de tels travaux sur les risques d'inondation en aval et sur l'écosystème ainsi que le rapport économique et financier issu de ces travaux par rapport à l'état initial. Force est de constater que les aménageurs ont mis les bouchées double pour satisfaire la corporation agricole en évacuant l'eau des terres non habitées au détriment des zones habitées avant l'application de cette nouvelle loi. A noter que ces travaux vont à l'encontre des prérogatives ministérielles qui demande de favoriser les zones d'expansion de crue sur les terres non habitées afin de limiter les inondations en zones habitées. Curieusement ces travaux sont autorisés par les préfets. C'est la raison pour laquelle Eau Rivières de Bourgogne s'insurge contre de telles autorisation et implicitement contre de tels travaux. 

Encore plus surprenant. La totalité du cours d'eau a fait l'objet d'interventions identiques  par ce même syndicat en l'absence de toute autorisation et d'étude d'impact globale assortie d'une étude de danger sur les risques d'inondation générés par l'accélération de l'écoulement des eaux favorisés par ce types de travaux. D'autres interventions ont eu lieu en Côte d'Or par un autre syndicat. 

Est-il raisonnable d'intervenir en l'absence d'étude globale de bassin sur les risques engendrés par ces opérations financées par de l'argent public à l'heure actuelle, alors qu'il est admis que les conséquences cumulées de ces opérations n'ayant jamais été évaluées devront être prises en compte prochainement ?
Est-il sérieux de demander cette étude après avoir réalisé les travaux ? 
Ne serait-ce pas une volonté de satisfaire son électorat en ignorant les conséquences au niveau du portefeuille des contribuables et des assurés qui paieront la facture de réparation des dégâts causés par les inondations ?
Ne serait-ce pas une volonté d'accélérer l'écoulement de l'eau en prenant le risque d'inonder la région parisienne afin d'être en mesure de dire que la solution ultime consiste à réaliser des ouvrages hydrauliques horriblement coûteux comme le prévoit le Schéma Directeur d'Aménagement et de la Gestion des Eaux à Charbuy, Hauterive, Athie sur Armançon. A noter par exemple que le projet à Hauterive est une digue de 24 m de haut sur 9 km de long assortie de 2 turbines de refoulement de 50 m3 seconde chacune.
Voir la page sur les risques inondation.
Il est surprenant, que lors des colloques de l'Agence de l'Eau Seine Normandie, le  comité de bassin développent des actions pour avoir de l'eau propre en 2015 conformément à la Directive Cadre Européenne  sur l'eau, alors que les mêmes personnes membres de ce comité en tant qu'élus laissent se développer des porcheries industrielles et des entreprises polluantes en Bourgogne, alors que la quasi totalité des départements de l'Yonne et de la Côte d'Or est classée en zone vulnérable (surnitratés). Le programme des travaux d'aménagements des rivières n'aurait-il pas pour objectif d'éponger les terres afin de continuer à épandre les poisons. Le développement des industries agricoles sont, je le rappelle subventionnées (près des 3/4 du revenu agricole est constitué d'aide financière). Hé oui ! les contribuables les rémunèrent et paieront la prime supplémentaire pour les nouvelles dépollution issues de ces extensions . 


A tout point de vue, de la manière dont les travaux d'entretien de cours d'eau sont entrepris est d'un autre age. Elle viole manifestement l'obligation de non dégradation des milieux aquatiques prônée par la directive cadre sur l'eau (opposable directement depuis le 23 décembre 2003), qui plus est en tête de bassin où les intérêts écologiques sont renforcés, et en l'absence de tout enjeu important de sécurité civile (pas d'inondation de zone habitées).

Pour parvenir au bon état écologique des eaux en 2015, il va falloir faire sérieusement évoluer ces comportements, fortement ancrés dans les mentalités rurales. 

 Une série de photos sera mise en ligne prochainement. Question de temps